Les Vagamondes 2018 à Mulhouse

JANV.
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10 janvier 2018 à 19h00
27 janvier 2018 à 23h00
La Filature
68100, Mulhouse

Direction la filature de Mulhouse avec le festival des cultures du Sud ! Au programme des artistes venus de Tunisie, de Syrie, d’Egypte ou d’Iran, là où il n’est pas toujours simple de créer. Il accueille aussi des artistes africains et européens animés par cet esprit de révolte face à l’ordre établi. Le festival des vagamondes c'est la filature de mulhouse jusqu'au 27/01 !

A travers son festival Les Vagamondes, la Filature donne un coup de projecteur sur la création dans les pays du pourtour méditerranéen, et depuis plusieurs saisons du Moyen Orient et de l’Afrique entière. Là où être un artiste peut être un acte de résistance en soi : « On considère que c’est du devoir de la Filature d’offrir à ces artistes la possibilité de créer et de montrer leur travail »,explique sa directrice, Monica Guillouet-Gélys.

X-Adra : des prisonnières syriennes témoignent

Et s’il est bien un pays où il difficile de travailler en ce moment, c’est bien la Syrie, et c’est pour cela que la Filature a accueilli en résidence en décembre dernier le metteur en scène syrien, aujourd’hui réfugié en France, Ramzi Choukair pour une création mondiale : X-Adra.

Un nom qui donne froid dans le dos puisque c’est celui d’une prison dans la banlieue de Damas, où ont été emprisonnées Ayat, Mariam, Kenda…sous le régime de Bachar-el-Assad ou de son père. Pendant un an, Ramzi Choukair a recueilli le témoignage de femmes syriennes, âgées de 27 à 62 ans, qui vivent aujourd’hui à Paris, Lyon, Toulouse ou Berlin. Des témoignages forts comme ce transsexuel qui a fait son coming out en prison ou cette communiste qui refuse de faire un enfant dans un pays cadenassé par les autorités. « Je veux mettre en avant ces femmes, ce qu’elles ont vécu avant, pendant et après la prison. Ce sont des femmes fortes, solides, qui se sont battues pour rester vivantes, qui ont un combat à mener », déclare le metteur en scène qui a fait de ces prisonnières des actrices, qui porteront leurs propres paroles sur le plateau.

La parole des réfugiés

On restera en Syrie et aux côtés des réfugiés dans le spectacle Loin de Damas, un projet élaboré par compositeur et violoniste tunisien Jasser Haj Youssef en résidence aux Dominicains de Guebwiller, partenaire du festival.

Cette création à écouter sous casque nous fait entendre les récits radiophoniques de migrants recueillis par Aline Pénitot, les poèmes arabes d’Omar Youssef Souleimane et évidemment la viole d’amour de Jasser Haj Youssef.

Le metteur en scène iranien Kamal Hashemi fait lui le choix inverse dans sa nouvelle création It’s a good day to die, une pièce entre théâtre et cinéma, présentée à la Filature : montrer ceux qui ont décidé de rester au pays, à travers la trajectoire d’une jeune réalisatrice qui retourne dans sa maison familiale à Téhéran.

Des actes de résistance

Résister, d’une façon ou d’une autre. C’est une question qui traversera bon nombre de spectacle. Résister à la domination masculine comme dans les deux spectacles de danse présentés à l’Espace Tival : deux femmes, une Malgache (Judith Olivia Manantenasoa) et une Tunisienne (Oumaima Manai), histoire d’enjamber tout le continent africain, qui se libèrent sur scène de leurs entraves.

Résister à la corruption et aux inégalités, comme l’a fait Fela Kuti, le pape de l’afrobeat, à qui Serge Aimé Coulibaly et ses sept danseurs rendent un vibrant et joyeux hommage dans Kalakuta Republik.

Résister en tirant la sonnette d’alarme comme le fait Moïse Touré et Jean-Claude Gallotta qui se demandent : 2147, si l’Afrique disparaissait ? en convoquant une dizaine d’auteurs pour répondre à la question et une dizaine d’acteurs, chanteurs et musiciens sur le plateau, avec une bande-son concoctée par Rokia Traoré.